Mein Kampf est un virus! Dans son étude, Antoine Vitkine fait de
nombreuses révélations sur ce livre "mutant" qui a été décliné sur de nombreux supports: une version en braille a existé, un faux livre a même circulé! Un second ouvrage a été écrit par le
dictateur: jamais publié, il est resté secret.
La presse nazie de l’époque utilisait "tous les moyens du marketing moderne" pour contaminer les esprits explique l’écrivain-journaliste dans son enquête. Le guide du parfait nazi servait à
embrigader la jeunesse qui étudiait les années de formation d’Adolf Hitler qu’il narre dans son livre. Cet "outil pédagogique" transmettait la haine ancestrale nazie aux enfants qui
s’identifiaient à la jeunesse du dictateur. La souche "virale" de ces écrits, c’est surtout la valorisation de la violence: "L’homme est un animal qui combat pour sauver sa race". Ni
antivirus, ni vaccination n’ont empêché la pandémie: grâce aux ventes la bible nazie a fait la force et la fortune de son auteur avec 15 millions de reichmarks récoltés.
Cheval de Troie
Ironie de l’Histoire, l’enquête d’Antoine Vitkine révèle que le Führer craignait les répercussions de la lecture de ses écrits: "Si j’avais pu deviner en 1924 qu’un jour je deviendrais
chancelier, jamais je n’aurais écrit" déclare t-il en 1938 à un de ses fidèles.
Deux ans auparavant, il interdisait la publication d’extraits de son œuvre. Il craignait l’étude ciblée des parties les plus révélatrices de ses futurs desseins et de son projet politique. Il a
ordonné l’édition de versions édulcorées pour la France. Ce livre est un cheval de Troie à double tranchant: en 1934, Adolf Hitler portait plainte en France invoquant la violation de son droit
d’auteur et gagne son procès.
Premier revers de lame: Mein Kampf est utilisé par l’armée américaine pour sa propre propagande. Elle l’utilise dans le but d’enrôler des soldats afro-américains. Second revers de
médaille: après son suicide, l’ouvrage du chancelier est une pièce à conviction au procès de Nuremberg en 1945.
Un spam d’actualité
Reflet de la période sombre de l’histoire allemande, la bible nazie est un sujet tabou: des exemplaires ont été enterrés dans les jardins à la fin de la guerre. La contamination continue! On
trouve le "livre-virus" en librairie, sur Internet et dans certains pays comme l’Inde, la Turquie. Non sans mal, des enseignants américains ont tenté d’étudier ces écrits avec leurs élèves.
"Spam Kampf", est tout sauf un "hoax", ces canulars qui circulent sur le net!
Cette enquête éclairante menée par Antoine Vitkine est à mettre entre les mains du plus grand nombre!
Jean-Christophe Le Blévec
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