Livres

Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 15:52

Mein Kampf est un virus! Dans son étude, Antoine Vitkine fait de nombreuses révélations sur ce livre "mutant" qui a été décliné sur de nombreux supports: une version en braille a existé, un faux livre a même circulé! Un second ouvrage a été écrit par le dictateur: jamais publié, il est resté secret.
La presse nazie de l’époque utilisait "tous les moyens du marketing moderne" pour contaminer les esprits explique l’écrivain-journaliste dans son enquête. Le guide du parfait nazi servait à embrigader la jeunesse qui étudiait les années de formation d’Adolf Hitler qu’il narre dans son livre. Cet "outil pédagogique" transmettait la haine ancestrale nazie aux enfants qui s’identifiaient à la jeunesse du dictateur. La souche "virale" de ces écrits, c’est surtout la valorisation de la violence: "L’homme est un animal qui combat pour sauver sa race". Ni antivirus, ni vaccination n’ont empêché la pandémie: grâce aux ventes la bible nazie a fait la force et la fortune de son auteur avec 15 millions de reichmarks récoltés.

Cheval de Troie

Ironie de l’Histoire, l’enquête d’Antoine Vitkine révèle que le Führer craignait les répercussions de la lecture de ses écrits: "Si j’avais pu deviner en 1924 qu’un jour je deviendrais chancelier, jamais je n’aurais écrit" déclare t-il en 1938 à un de ses fidèles.
Deux ans auparavant, il interdisait la publication d’extraits de son œuvre. Il craignait l’étude ciblée des parties les plus révélatrices de ses futurs desseins et de son projet politique. Il a ordonné l’édition de versions édulcorées pour la France. Ce livre est un cheval de Troie à double tranchant: en 1934, Adolf Hitler portait plainte en France invoquant la violation de son droit d’auteur et gagne son procès.
Premier revers de lame: Mein Kampf est utilisé par l’armée américaine pour sa propre propagande. Elle l’utilise dans le but d’enrôler des soldats afro-américains. Second revers de médaille: après son suicide, l’ouvrage du chancelier est une pièce à conviction au procès de Nuremberg en 1945.

Un spam d’actualité

Reflet de la période sombre de l’histoire allemande, la bible nazie est un sujet tabou: des exemplaires ont été enterrés dans les jardins à la fin de la guerre. La contamination continue! On trouve le "livre-virus" en librairie, sur Internet et dans certains pays comme l’Inde, la Turquie. Non sans mal, des enseignants américains ont tenté d’étudier ces écrits avec leurs élèves. "Spam Kampf", est tout sauf un "hoax", ces canulars qui circulent sur le net!
Cette enquête éclairante menée par Antoine Vitkine est à mettre entre les mains du plus grand nombre!

Jean-Christophe Le Blévec

Par Jean-Christophe Le Blévec - Publié dans : Livres - Communauté : l'actualité en général
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 17:01

Entre les murs est une escroquerie littéraire. C’est un manuscrit pédantesque qui veut appartenir au genre du roman. C’est là que le bât blesse ! Le désir de retranscrire le « réel » comme le revendique la quatrième de couverture est inepte. Ce n’est pas une œuvre littéraire. Ce n’est que la succession de tranches de vie, juxtaposées les unes après les autres, au fil du temps. Il n’y a pas de travail artistique. C’est une thérapie clinique de l’enseignant, écrite jour après jour. Les vides typographiques en témoignent. Les erreurs de syntaxe le confirment. La langue française, la belle langue française devait y « vivre » à l’état brute ! Mais elle n’est pas libre ! Elle est prisonnière du point de vue du narrateur qui décrit et détaille de son regard inquisiteur son lieu de travail. Il n’y a pas de réflexion, l’information est « brute » ; le lecteur est donc prisonnier de ce point de vue. La langue, ce n’est pas le phrasé de l’enseignant et le langage des cités. C’est un mélange poétique des deux. Or rien de poétique ne ressort de cette œuvre.

  Ce que l’on retient finalement c’est le professeur. Ses doutes, ses habitudes, ses tics. Ce n’est que de l’égocentrisme. Et tout cela est parfois malsain : que dire du regard qu’il pose sur les femmes? Il fantasme sur les poitrines de ses collègues. Il a la monomanie de la métonymie : il perçoit ses élèves en mémorisant et en désignant leurs vêtements. Le lecteur appréciera sans doute lorsqu’il décrit « les nombrils à l’air » de ses élèves adolescentes. On frôle la perversité là ? Non ?

Jean-Christophe Le Blévec

Par Jean-Christophe Le Blévec - Publié dans : Livres - Communauté : l'actualité en général
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